
Pourquoi le seraient-ils ?
D’une part, il y à trois fois rien à faire, ni du point de vue boulot, ni du point de vue administratif, ni pour le futur logement, ni pour les enfants, ni pour la famille, et surtout pas pour leur déménagement proprement dit…
Alors pourquoi tant d’angoisses, tant de nervosité et tant d’ongles rongés « à peine » (si peu) perçus par l’entourage et les entreprises de déménagement ?
On sait, que le déménagement est la deuxième source de stress après la perte d’un proche. Peut-être la 3ème, par les temps qui courent.
Peur d’une nouvelle vie, d’une nouvelle ville où l’on ne connait personne, d’un changement radical de ses petites habitudes, tout à remettre en place avant de retrouver un quotidien confortable et rassurant ?
Peur d’un déménagement-chamboulement qui va à coup sûr faire « voler la poussière » dans tous les sens et dans tous les sens du terme ?
Je ne me moque pas du tout, j’ai déménagé, moi aussi.
Nous avons tous un affectif parfois irrationnel, pour un « train-train » qui, bien que l’on s’en défende, est notre havre de paix, dans ce monde de brutes et de bruits, pour notre « chez-nous » organisé à notre goût, et il n’y à rien à faire, l’être humain, avant de devenir oiseau migrateur est un sédentaire.
Comme on dit à Tahiti, l’homme plante son « peue » (péoué) là où il se sent bien. Dans nos latitudes, on dirait plutôt, là où il finit par se sentir bien.
Mais quand le temps vient de partir, de déménager vraiment, tout semble s’écrouler, les choses qui nous pesaient nous semblent devenues indispensables et nos envies passées deviennent des appréhensions terribles.
En même temps on a hâte de partir, et on voudrait surtout ne pas y aller.
On récapitule dans sa tête tout ce qu’il y à à faire, et l’on croit que l’on n’y arrivera sur les rotules… ou alors jamais …
Puis, on finit par se persuader que quand il faut y aller, faut y aller ! Allez, haut les cœurs, prenons les choses à bras le corps ! Après tout, un déménagement, c’est fastoche.
Et puis, il y à le grain de sable, celui qui fait tout trembler, qui veut tout remettre en question, le notaire qui décale les dates, les travaux qui perdurent, les écoles qui ne se décident pas à accueillir nos bébichons, l’acheteur qui n’a pas son crédit et se dédit, la chatte qui fait ses petits et la télévision qui tombe en panne !!!
Et là, le grain de sable devient caillou, puis roc, puis montagne…
On se demande ce qu’on à fait au bon dieu, et pourquoi moi. Pourquoi tant de haine ?
Et au milieu de tout ça, le déménageur à choisir, les cartons à faire, le garage à ranger, les fringues à trier, l’inventaire à faire pour les assurances, mais est-ce que cela va s’arrêter ?
Et l’entreprise de déménagement qui ne travaille pas le dimanche, juste au moment où j’ai des questions super importantes à poser, que je rappelle le lundi, mais j’ai oublié la question…
Et puis, la montagne, amas de grains de sable, devient … la sardine qui a bouché le port de Marseille…
Les déménageurs arrivent, bonjour Madame, bonjour Monsieur, et tout roule.
Une petite plaisanterie, un petit café et tout se fait dans le calme et la sérénité. Mais le camion est chargé, les portes se ferment et tout votre déménagement disparait au 1er virage.
Adrénaline… !
Reverrai-je mes affaires, tous mes biens, tous mes riens, toute ma vie?
A l’arrivée, ils sont là, ouf. Pour un peu, on les embrasserait.
Et ça, je le mets où, le voulez vous tourné par ici ou par là, dans quelle chambre ce carton ?
Moult questions en même temps, je ne sais plus où donner de la tête, (tiens, je n’avais jamais remarqué que mon buffet était aussi sympa, il est mieux mis en valeur ici), où sont mes torchons ?
Et puis, ils s’en vont, la nuit ne va pas tarder à tomber.
Je tombe dans le canapé. Je regarde autour de moi… et je souris.
Oui, j’ai encore plein de choses à faire, j’ai à peine vu passer cette journée, je suis crevée, mais je trouve que mon tableau irait bien là…
Et la vie reprend.
Vous êtes arrivé, et franchement, n’est-ce pas excitant de s’installer dans une nouvelle vie ?
